La vague épidémique de grippe H1N1v observée en Australie et Nouvelle-Zélande au cours de l’hiver 2009, a permis un recueil épidémiologique, focalisé dans cette étude multicentrique sur l’analyse des cas graves hospitalisés en réanimation.

Critical care services and 2009 H1N1 Influenza in Australia and New Zealand
The ANZIC Influenza Investigators
N Engl J Med; 361:1925-1934

En Australie et Nouvelle Zélande entre le 01/06/2009  et le 31/08/2009, 722 patients ont été admis dans une unité de réanimation pour une grippe H1N1v confirmée. L’incidence des formes graves estimée à partir de cette série pour cette période, 28,7/million d’habitants , est 15 fois supérieure à l’incidence des formes graves de pneumonies virales prises en charge en réanimation au cours des mêmes mois  entre 2006 et 2009.

Ces formes graves concernent surtout des sujets jeunes : âge moyen = 40 ans, incidence par tranche d’âge maximale pour la tranche 0-1 an (>70/millions d’habitants), nombre d’hospitalisations en réanimation le plus élevé dans la tranche 25-49 ans (près de 40% des cas).

Parmi ces 722 patients, 32,7% ont une maladie respiratoire sous-jacente (asthme le plus souvent). Les autres facteurs prédisposants retrouvés sont la grossesse (9,1% des cas) et l’obésité (29,7% des patients ont un IMC>35). 31,7% des patients n’ont aucun facteur prédisposant.

Les formes cliniques décrites sont des SDRA ou  pneumopathies virales (48,8%), des pneumonies bactériennes (20,3%), des exacerbations de BPCO (13,9%). 64,6% des patients sont placés sous ventilation mécanique pour une durée moyenne de 8 jours ; 11,6% de ces patients ont nécessité une oxygénation extra-corporelle (ECMO).

La mortalité hospitalière dans cette série  est de l’ordre de 16%, comparable à la mortalité par grippe saisonnière A en réanimation. Elle augmente avec l’âge ; les autres facteurs prédictifs de décès sont la ventilation mécanique et une comorbidité sous-jacente.

Ces observations confirment les données précédemment établies : les formes graves touchent préférentiellement les sujets jeunes, sains tout autant que ceux fragilisés par la grossesse ou une comorbidité, avec un pronostic comparable à celui des autres sérotypes A, aggravé par l’âge, la ventilation mécanique ou l’existence d’une comorbidité.

résumé par A.GUILLAUMOT
Novembre 2009