Hypercapnie des Syndromes d’Apnées Obstructives du Sommeil

A partir de l’observatoire national de l’ANTADIR, JP LAABAN et Coll. (CHEST 2005;127:710-715) ont extrait une cohorte de 1141 patients traités pour Pression Positive Continue pour SAOS, non obstructifs (VEMS ≥ 80 %  prédits, VEMS/CV ≥ 70 %) non restrictif en dehors des conséquences d’une obésité.

Avant institution du traitement par PPC, la prévalence d’une hypercapnie diurne est de 11 %. Sa fréquence est liée à un index de masse corporelle (IMC) : 7% pour un IMC < 30 ; 9,8 % pour un IMC entre 30 et 40 ; 23.6 % pour un IMC > 40. Les patients hypercapniques ont une CV, un VEMS et une PaO2 significativement inférieurs aux valeurs du groupe normocapnique. L’hypercapnie est associée à une hypoxémie (PaO2 < 70 mmHg) chez 5.6 % des patients.

Si l’augmentation de l’IMC est un facteur prédictif indépendant de l’hypercapnie ainsi que la diminution de la CV, il semble exister un lien entre SAOS et hypercapnie : 7.2 % des patients ne sont pas obèses. Classiquement, la prévalence de l’hypercapnie au cours du SAOS varie de 12 à 43 % et il s’agirait d’une complication due à la BPCO ou à une obésité ancienne.

En conclusion : L’hypercapnie diurne, observée chez 11 % des SAOS exempts de BPCO, est liée à la sévérité de l’obésité et à ses conséquences ventilatoires. Cependant, d’autres mécanismes semblent impliquer car elle observée chez plus de 7 % des patients non BPCO, non obèses.